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16 août 2008
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DEMARCHE POUR UN BIEN VIVRE LOCAL

Après 20 ans de recherche, action, réflexion avec les populations de Casamance au Sénégal, nous nous inscrivons dans une démarche de progression économique tendant vers un bien vivre qui soit supportable pour l’environnement.

Pour expliquer la nécessité de cette démarche, nous pouvons l’illustrer ainsi :

- la première famille n’a pas de botte de riz. Elle en quémande une pour pouvoir semer. Elle en récolte dix et les consomme. Au moment de semer elle sera de nouveau obligée de quémander,

- la deuxième famille dispose d’une botte de riz qu’elle sème. Elle en récolte dix et en consomme neuf. Au moment de semer elle n’aura toujours qu’une seule botte de riz à semer,

- la troisième famille dispose d’une botte de riz, elle la sème et en récolte dix. Elle en consomme six et ressème les 4 autres restantes ; elle en récoltera quarante, et là elle peut en consommer 15,
La botte de riz n’est qu’un exemple, ceci est valable pour toute production et investissement.

Gérer c’est :
- maîtriser une progression. Ce qui est valable pour un père de famille l’est pour un ensemble de familles, de villages. C’est transposer la gestion d’une famille aux différentes structures communautaires : quartiers, villages, inter-villages à plusieurs niveaux, zone, communauté rurale, arrondissement,

- faire face à l’urgence du quotidien, et à plus long terme, une façon indispensable de prévoir l’avenir et de se mettre en marche pour 5, 10, 15, 20 ans pour les générations futures.

Il est donc indispensable de développer les capacités locales. Survivre sans progresser, c’est manger la réserve disponible. Cette réserve épuisée, c’est la mort programmée.

Etre assisté en refusant de s’impliquer dans une démarche de progression et de développement des capacités locales, c’est rester perfusion, qui si on la débranche entraîne la mort. L’assistanat n’est qu’un report de la mort ou quelque chose qui y ressemble.
L’assistanat lié à l’exploitation n’est pas soutenable, ce n’est jamais une économie durable. La survie face à l’inacceptable est de le refuser en s’impliquant pour mettre en place un espoir, allumer le flambeau de la progression qui ne s’éteindra plus.

Cette démarche de progrès ne se télécommande pas, elle se construit à l’intérieur de chaque personne, chaque groupe pour accéder au vivre mieux par l’échange et la progression en commun.

Construire une économie d’échanges locaux, c’est construire le bien vivre ensemble.